November 24, 2009

Les derniers mots




" Te voilà parvenu à la fin de ta vie sur Terre... Tu dois maintenant connaître par tes écrits la grande vérité de la Source. Normalement, tu as préparé ton passage, acheté un beau billet qui te permettra d'avoir deux grandes ailes qu'il te tarde de déployer. En principe tu es prêt à faire le grand saut, armé de la force de ta foi et de tous tes pardons. Pourtant…

Te voilà dans ton corps qui s'éteint, il t'a si fidèlement servi. En as-tu bien pris soin, l'as-tu souvent remercié ? As-tu profité de l'espace qui t'était donné ? L'as-tu soigné, écouté, compris ? Il a supporté le poids de ton incarnation, il était ton véhicule, son cœur palpite encore. Il a même pensé à te rendre la mort plus douce. L'as-tu aimé ? L'as-tu convenablement développé ?... Chut... Ton pardon suffit.

Toutes tes constructions restent sur terre, tes possessions ne te rassureront plus. Nu tu es arrivé et nu tu repars. Dans un instant, dans pas longtemps, même tes pensées s'éteindront.

Alors que regrettes-tu encore ? Il est trop tard, tu le sais, pour faire marche arrière. Tu n'as plus le temps que tu aurais pu trouver si tu avais vraiment voulu, si tu avais su que demain était toujours trop tard. Trop tard aussi pour profiter de tout ce que tu n'as pas vu, le nez collé dessus, plongé que tu étais dans tes sombres pensées, comme un prisonnier au fond de sa cellule. Trop tard pour se rattraper. Oui, tu aurais pu faire tant de choses pour les changer. Mais voilà, c'est fait, aujourd'hui, l'heure n'est plus aux regrets.

Alors songe à tout le meilleur que tu emportes avec toi. Réchauffe-toi de tes plus beaux moments. Souviens-toi de tes rires et de tes coups au cœur. Un peu de nostalgie t'étreint, bien sûr, mais de la bonne, du genre "à la prochaine, c'était bien, merci pour la ballade".

Te voilà sur le quai de ta dernière gare, un dernier au-revoir de la main, demi-tour, le béton est toujours couleur rouille, un oiseau siffle, tu lèves la tête et souris. Oui, la vie continue, la leur, la tienne, de plus en plus belle, pour l'éternité..."



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