February 3, 2010

Fin d'un monde




A text about the end of a world and the beginning of a new golden age. This text was often published on the web.




Jolanta
"The End"








Bon. Le monde s’écroule. Mon monde. J’en suis le témoin comme bien d’autres.

Il s’écroule et je n’y crois toujours pas. J'y crois même encore ! Pourtant tous les signaux sont au rouge et on sonne déjà le glas dans toutes les contrées.

On meurt de maladies qui n’existaient pas, les éléments se déchaînent, la glace des pôles fond, le trou d’ozone s’agrandit et la seule énergie dont "on" veut bien que l’on dispose est en train de se raréfier à vitesse grand V. Dans 20 ans, terminé le pétrole. Et finies nos économies civilisées.

La terre se rebelle contre nous. Celui qui vide son cendrier sur la chaussée et jette son sac plastique dans la forêt, qui mettra 400 ans à disparaître. Contre celui qui concocte des lois qui nous emprisonnent chaque jour un peu plus et celui qui s’en met plein les fouilles lorsque les épidémies nous déciment. Pas un pour racheter l’autre, aucune distinction de rangs, de races, de religions quand il s’agit de la survie de notre propre petite personne. Le monde se meurt et nous nous mourrons bouffis de vanité, au sommet de l'échelle alimentaire dévorés par la peur qui nous inonde à la moindre nouvelle terrible dont les médias s’emploient à nous nourrir.









Andrew Kaiser -
"Holding the World"









Bientôt, nous ne roulerons plus dans nos carrosses. Le cheval fera un merveilleux come-back. Ou la voiture solaire si messieurs nos brillants dirigeants daignaient sortir de leurs cartons toutes ces merveilleuses inventions qui nous rendraient la vie belle. Mais le bonheur de l’humanité n’est pas bon pour tout le monde.

Bientôt, fini l’air pur de nos montagnes. Tchernobyl a déjà fait des siennes et notre mépris de l’environnement n’a pas arrangé les choses. Et l’on nous prépare d’autres armes plus cruelles encore qui détraqueront notre ciel et notre esprit à jamais. Bientôt nous serons confinés, pour les plus chanceux, numérotés, badgés, cloîtrés dans nos maisons à redouter la dernière pandémie, le dernier déchaînement du ciel, le raz-de-marée qui fait le tour de la terre et la tsunamise sans répit. Enterrés vivants...

Il faudra alors cultiver notre terre, faire pousser notre blé et nos tomates, devenir végétarien, bien forcés, les bêtes se meurent elles aussi. Du carnivore civilisé que nous étions ne restera pas grand chose. De toute façon, nous devenons tous de plus en plus virtuels. Peut-être est-ce là le début d’un âge d’or où nous connaîtrons tous notre place dans l’univers. Jusqu’à présent la terre fut souvent notre ennemie, il est temps qu’elle soit l’amie qu’elle a toujours été, que nous vivions à l’unisson du monde que l’on nous a donné, ce vaste champ d’expérimentation qui a besoin de beaucoup d’amour pour fleurir à foison.

Bientôt, chacun d’entre nous devra connaître son voisin, car il ne pourra vivre sans lui. Les communautés refleuriront et si nous ne faisons pas les mêmes bêtises, si nous avons bien appris notre leçon, alors tout sera enfin parfait sur notre terre.

Il faudra bien sûr effacer les traces de nos dogmes et de nos rites, abandonner toutes nos convictions afin de créer un monde enfin en communion. Depuis combien de temps tentons-nous de le faire, oubliant depuis des millénaires que l’autre c’est nous et que notre bonheur passe par le sien ?

Oui, le monde se meurt et je meurs avec. Nous changeons de cycle et j'en suis témoin.









Scott James Prebble -
"Confusing World"
Art Model Vanessa




No comments: