February 10, 2010

L'Atelier 1




Pendant que je nettoyais mon ordinateur, je viens de me laver, me sont venues plein de pensées. Forcément. Je pense tout le temps. 66 000 pensées minimum par jour par être humain. Que multiplie 6 000 000 000 et des brouettes et on voit le résultat des pensées de l'Humanité. Effarant.
Me sont venues des pensées sur ça, et sur le temps qui passe, plus ou moins vite, j'adore Einstein.
Comme l'envie d'arrêter le temps. Ou de le consacrer à ce que je fais, comme écrire à présent, totalement. A ma tâche.
Et puis j'ai observé mon chez-moi si rempli de symboles. Rien n'est hasard ici et les choses se déplacent, chacune trouvant petit à petit sa vraie place. La Sienne.
Il y a tant de choses que je ne sais par où commencer. Et ce serait si long...
Un bouddha, non deux, forcément. J'l'aime bien bouddha, il se prenait pas la tête, seul au pied de son arbre sans boire ni manger pendant des années. Vivant de l'air du temps. Ici et ailleurs. En communion avec la terre sur laquelle nous marchons et que tant pensent sans vie. Ce caillou ridicule qui mérite pas un regard. D'ailleurs on le voit pas. Mais il est là. Comme mon bouddha assis devant un lotus dans lequel j'ai mis les symboles de toutes les religions. Une croix, l'étoile de David et un croissant de lune. Les réunissant ainsi et enfin en une seule, qui ne l'est pas, et qui est tout. Qui est Amour.
A ses côtés une boule ronde, ma terre, toute bleue et parsemée d'étoiles à 6 branches. L'équilibre.
Un vase remplis de fleurs artificielles, tulipes et tournesol. J'aime pas trop les fleurs fraîches. Je les préfère bien vivantes dans la terre. Les tulipes, je ne sais pas encore pourquoi elles sont là. Elles ne m'évoquent pas grand chose, encore. Mais pour ce qui est des tournesols, alors là, pas de questions, j'y vois le soleil, la lumière. d’ailleurs un abrite bouddha. Pas un effet de style, juste le hasard.
Un cadre offert par Mylène, que je n'ai vu qu'une fois. Ce prénom évoque ma déesse incarnée sur Terre.
C'était une soirée bien arrosée, des amis d'un ami. Son père était malade. Il allait partir. Je lui ai dit quelques mots qu'elle a aimé. Très fort. Et puis on a parlé d'art, sa mère était modèle, et je sentais en elle le même besoin impérieux de poser. Vu mon métier, ça tombait bien. Faudra que je la rappelle.
Dans un cadre original et griffé, une photographie noir et blanc d'une belle blonde fumant sa cigarette. Que l'on ne voit pas. Elle, la fumée, l'eau et le feu, l'air aussi, et la terre, elle semble si incarnée. Elle est là qui me regarde, si sûre d'elle. Elle parait si bien posée.
Comme les vieux marseillais qui jouent aux cartes dans un bistrot, tous assis autour d'une table où trônent les bouteilles de vin. Ils sont tranquilles comme on dit par chez nous en allongeant le i.
C'était à papa et maman. C'est moi qui l'ait. Je l'aime. Pour dire vrai, je ne l'ai jamais vraiment regardé de près. Et là j'ai pas envie. Mais il me rappelle l'atmosphère paisible de ces bistrots peuplés d'habitués dans un petit village provençal. Dehors, j'suis sûr qu'il y a un platane et des grillons. Mais va savoir vraiment. J'imagine. Des fois je me demande s'il est pas breton. Et j'préfererais pas. Je viens du sud et par tous les chemins j'y reviens. Donc, sans bien vraiment l’avoir regardée, savoir si elle était authentique et signée, j’m’en fous, je la trouve provençale cette toile. Peut-être pas un bar au bord de la mer... J'y vois plutôt la Provence intérieure. Y a que ce vert derrière les personnages qui me dérange. Fait pas local. Enfin bref.
Et cela n'est qu'un pan de mur de ma maison.
Y a le fauteuil en cuir de Jany, ma propriétaire, ancienne urgentiste, j’en ai besoin, passionnée de photographie, pas de hasard, encore. J'ai rajouté mon coussin indien acheté du temps où je pouvais marcher et faire les magasins pour y dégoter un objet coup de coeur. Quel bonheur de marcher...
Le chapeau que j'ai ramené de ma vie aux États-unis sur la vieille chaise de paille bien glissée sous la table qui porte plein de photophores, la lampe à gaz, un vase bleu d'où jaillissent des épis d'or. Devant ma grande tenture représentant un bouddha androgyne en pleine méditation. J'l'aime bien bouddha. Je sais, je me répète, mais tant pis, et tant mieux, j'l'aime bien. Vraiment, il ne me prend pas la tête. Il aime tout car tout est un. Pour lui la méchanceté n'est qu'un manque d'amour. Comme tous les "défauts". Il est pas mort sur une croix dégoulinante de sang, il a pas été bouffé par les lions. Il n'a pas fait de croisades. Il n'a tenté de convertir personne. Prouvant ainsi par là qu'il n'y a ni maître ni élève. Juste des messagers qui ont beaucoup à se dire sur la voie de l'amour. De toute façon, y en a qu'une. Et c'est tous ensemble.
Il nous a montré que nous ne faisons qu'un. Sans éclat de voix. Sans attentes. Et dans la pureté.
Sur le mur au-dessus de la table un lézard coloré qui monte vers le plafond.
Le lézard est mon animal fétiche. Ou je suis le sien. En tout cas, on a un lien. Un jour un a grimpé sur mon épaule avant de redescendre pour se poser sur mon carnet d'écriture. Etait-ce le signe de ma renaissance ?
Un jour j'en ai vu un autre que j'avais jamais vu. Je ne savais même pas que ça existait. Juste devant moi sur le petit pont où je trouvais mon inspiration. Vert, jaune, bleu, j'avais jamais vu ça. Forcément j'ai arrêté d'écrire lui demandant ce qu'il faisait là. Pourquoi avait-il choisi de se poser devant moi, tranquille, comme on dit par ici.
Du coup je sais tout sur les lézards. Symbole de résurrection. J’en ai bien besoin.
Voilà ainsi une toute partie de chez-moi.
Tout est symbole même si je ne le vois pas.
Car rien n'est hasard sur terre.
Et chaque chose bien à sa place.



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