April 15, 2010

Lettre à Annick

J'étais fort. Tu m'as connu. Debout et la voix sûre. Chef et guerrier. Toujours sur les remparts au péril de mon corps, l'épée levée pour un nouvel et illusoire combat.
Et me voilà si loin de celui que tu as aimé si fort.
J'ai fait le tour du monde ! Et nourri tant de gens ! J'ai fait Compostelle ! Qu'il me tarde tant de finir mais...
Un jour mes jambes se sont paralysées.
J'ai cru pouvoir gagner ! Le moral, y'a qu'ça qui compte !
Puis s'est posée la canne. ... J'espérais en rester là.
Puis deux béquilles. Pour sortir du fauteuil qu'aujourd'hui je cache sous une nappe provençale du plus bel effet, histoire d'égailler une bien triste histoire.
Petit à petit, la maladie a progressé, comme pour tous ceux que j'ai rencontrés.
On me parle désormais de sonde urinaire, de déambulateur, pour la maison, qu'en plus je ne me casse pas quelque chose dans une de ces chutes que je connais si bien a en être devenu meilleur qu'un judoka.
Chaque jour est un sursis. Mes mains fourmillent déjà, le moment approche où je perdrai mes bras, et mes poumons, et ma tête, alouette !
J'étais...
Et ne suis plus le même. La vie n'a plus le même goût et mon monde est à des lieux du tien.
Mais j'ai un soleil !
Toi.
Alors rien, jamais rien, ne me dérangera dans tes mots et tes coups de pied au fesse.
Merci, ce que tu fais est si précieux. Cette écoute...
Je t'aime.
Chris.

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