August 20, 2010

Je marchais...



Je me souviens encore du temps où je marchais... J'étais un fameux randonneur, un champion de cross-country à l'armée, l'infanterie bien sûr, un pèlerin vers Compostelle, un vrai de vrai avec son sac à dos qu'il lui a fallu alléger tout au long du parcours, même travail pour l'âme.

Je me souviens encore de mon aptitude à monter de rudes côtes, de mes dents serrés, de mes crises de nerf quand la pente était trop forte, du regard de mes frères d'arme, attentifs mais me laissant faire ma propre expérience de la douleur, sont des hommes dans l'Infanterie de Marine. Mais qu'est-ce que c'était bon quand ça s'arrêtait. Une fois insultés tous ceux qui passaient, finissant par ma propre connerie de m'imposer de telles tortures, je me sentais mieux, je m'étais dépassé. J'avais gagné. Je ne croyais pas que c'était possible et pourtant je l'avais fait. Quel bonheur d'aller plus loin que les limites que l'on s'est fixées.

Et quel malheur de voir toutes celles que l'on s'impose. Et la majorité sans les savoir. Faisons simple, c'est du conditionnement. Tu nais sur terre, dans un pays, dans la ville de tes parents, au sein d'une famille dont tu vas tout savoir et tout prendre, souffrances incluses, entre deux parents qui te font te poser beaucoup de questions. Et tu vas reproduire tout ce que tu as vu. Ton père est cadre, tu le seras, ouvrier aussi. La peau noire est mal vue, papa l'a dit, et tu ne supporteras pas le regard des blancs. Et ça peut continuer pendant des générations. Car tes enfants te reproduiront.

Je commence toujours par un truc pour finir par un autre. Mais de la marche à l'éducation, il n'y a qu'un pas qu’il me fallait franchir.

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