November 4, 2016

Hommage à ma mama

Une fois n'est pas coutume... ;-)

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Maman, Papa, Papi-Jo et les jumeaux Alain et moi à Nantes le 15 octobre 1961




édito du 30/10/2016

J'ai reçu maman... Je sais, elle est extraordinaire de venir me  voir malgré son œil directeur cancéreux et aveugle, son diabète qui lui fait mal au pied, son cœur ponté, bref son amour lui fait dépasser toutes ses "petites misères" :
- Ce n'est rien comparé à toi ! Tu es si jeune... Moi, je suis vieille, c'est normal ! Mais toi ? Je te jure que quand je serai là-haut, ils vont m'entendre !!!
Sa voix monte toujours quand elle ressasse ce que son dieu lui a fait :
- Ta sœur, toi, ton frère ! Dieu ou pas, je vais hurler !
Et elle le fera ! Une fois Isabelle retrouvée et pris de ses nouvelles, elle va lui demander où aller se plaindre.

Donc, je sais ses efforts et la puissance de son amour... Mais qu'est-ce qu'elle parle... J'en ai le tournis et j'ai beau lui dire :
- Arrête ! Ecoute-moi. Tais-toi. Me coupe pas ! Mais arrête !!!
Rien n'y fait. Claire, Julien et Florian et mes cousines chéries, mes beaux-frères qui se taisent, en gros toute la famille la fait rire :
- Impossible d'en placer une, mais elle est marrante.
C'est vrai que malgré la mort de sa petite fille et ses deux fils malades, elle arrive à rire et à nous faire rire. Je salue la prouesse.

A sa décharge, elle vit seule :
- Au moins, je ne parle pas au mur !
Me dit-elle souvent, car on s'appelle tous les jours. On s'inquiète l'un de l'autre et puis je la laisse... parler. J'ai décidé de l'appeler  tous les jours depuis que mon père s'est envolé. C'est une mission que je me suis donné dès son départ, car il ne fallait pas compter sur mon jumeau qui est resté bloqué sur le pire de notre enfance et pas le meilleur. Et pourtant elle s'en est occupée plus que moi, il avait toujours quelque chose à soigner mon frère chéri qui passait son temps à m'emmerder pendant que je lisais ou que j'écrivais. C'est une mission qu'a dû me donner papa le jour de sa mort, ma main dans le sienne. Elle est à la fois légère et pénible. J'avoue qu'il m'arrive de l'engueuler, avant de lui dire :
- D'accord papa. Je comprends. C'était ta femme et ma maman, mais tu la connais !
Je le vois sourire et me faire un gros bisou :
- Merci mon fils.

Car outre son débit insaisissable pour le commun des mortels, maman est corse... Si. De Bastia, elle y tient. Elle est méditerranéenne à cent pour cent. Un don et une malédiction. Elle a le cœur sur la main, elle m'a sauvé la vie, elle s'inquiète de nous... et elle adore les rumeurs, les potins, les cancans, surtout les familiaux ! C'est aussi le passe-temps favori de tout son côté, qui n'enlève rien à l'amour qu'ils portent à ceux à qui ils taillent un costume trois pièces pièces veste, cravate et chaussures incluses, dont moi forcément, nul n'y échappe, ils adorent ça à un point qui me lasse très vite. J'ai vécu trop longtemps loin de ma Méditerranée, où par tous les chemin je suis revenu. J'ai passé tant de temps loin du sud où par tous les chemins, etc..., que j'ai perdu le goût de parler, de déformer et d’amplifier les travers et les erreurs des autres. A tel point que j'ai dû dire à la mama, en dépit de tous les interdits sudistes :
- Maman, arrête.
- Mais je n'ai pas fini !!
- Maman, ça me stresse tout ça et ce n'est pas bon pour ce que j'ai.
Ce qui est vrai, le stress me tue :
- Je m'en fous de tout ça, je ne veux plus en entendre parler.
Depuis :
- Si tu savais... Même sur toi ! Mais je sais que tu ne veux pas savoir.
- Non, rien. Merci maman.
"Même sur toi", elle ne peut pas s'en empêcher, c'est ainsi tout autour de la Méditerranée.

Maman est venue ! Avec plein de douceurs à grignoter devant la télé. Maman est venue me voir malgré tous ses bobos. Je lui ai fait des bisous auxquels elle ne s'attendait pas, pas le genre de la famille. Et j'ai adoré comme d'habitude, peut-être de plus en plus car elle entend désormais mes "écoute-moi" et parvient à se taire quelques secondes.

Je l'aime ma maman. Autant que Kendji aime la sienne, au point de la voir dans chacun de ses mots.

Ho, mon dieu, laisse-moi les beaux yeux de ma mama, mais ne m'enlève pas tout le reste, je les aime autant mes enfants.




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